Quelle place pour notre curiosité ?

Il y a de ça presqu'un an, j'ai écris un article qui s'intitulait "Se cultiver autrement / Système scolaire, cadre et ouverture d'esprit". Un an déjà, et j'allais vous pondre ce matin un article où j'aurais répété presque mot pour mot son contenu. Cette réflexion sur l'apprentissage tel qu'il nous est inculqué dans notre système scolaire revient en boucle.

Ma curiosité est sans borne. Aujourd'hui, je suis en stage. Et je me suis décidée à préparer Sciences Po. Il y a un an, je pensais que ce n'était pas pour moi. "Tu n'iras pas à Sciences Po comme ta sœur", m'avait dit mon prof d'histoire au collège. Je n'irai peut-être pas, ça se joue à si peu. Il n'empêche que je prépare les épreuves, plus ou moins seule, hors de tout cadre. Alors je me retrouve plongée dans un livre de sociologie. Je réalise à quel point ça me passionne. Je sens que c'est "ça". Comme si c'était une évidence.

Mais j'apprends hors cadre avec un but assez abstrait pour le moment, assez lointain. Et je me surprends parfois à me dire que c'est inutile.

Je trouve ça d'une tristesse. Quand on apprend sans carotte immédiate, sans avoir la note comme motivation, sans être dans un cadre vraiment scolaire, on a l'impression que ça ne sert a rien. Pourtant évidemment que ça sert, c'est de la culture, des réflexions sur des sujets contemporains, des sujets qui concernent notre quotidien au final, des théories qui nous permettent de comprendre un peu mieux le monde qui nous entoure.

L'école ne devrait pas se contenter d'apprendre, l'école devrait nous apprendre à apprendre, nous donner le goût d'apprendre.

Pourquoi on ne demande jamais à des élèves de faire un exposé sur un sujet libre ? Pourquoi on n'encourage pas les élèves à développer leurs centres d'intérêt ? Pourquoi faut-il absolument que ça rentre dans un programme, une liste de chose à maîtriser comme si le reste ne servait à rien ?

J'exagère peut-être, mais c'est le ressenti que j'ai de ma petite expérience avec l'école. Je ne dis pas que c'est la faute des profs, c'est sûrement dû à un système fait de standardisation et de contraintes. J'ai peut-être ce point de vue parce que ça fait plus d'un an que la majorité de mes cours ne sont pas du tout passionnants. Mais dans le fond, je pense ne pas être la seule qui constate qu'autour d'elle, nombreuses sont les personnes très peu curieuses, malgré tout ce qui nous est accessible. Et ça n'est pas qu'une question de caractère. Quand on est à l'école, ou dans notre quotidien tout simplement, on prend rarement le temps de s'intéresser à ce qui en sort.

Aujourd'hui j'ai l'impression de retourner à mes 8 ans, quand je dévorais des livres d'histoire sans que personne ne me demande rien. Et malgré la remise en question, j'en suis ravie.

5 commentaires :

  1. Hier, j'ai regardé un superbe documentaire sur l'instruction en famille (ou "unschooling"), Etre et Devenir, réalisé par Clara Bellar.
    C'est un sujet qui me passionne en ce moment, et ton article fait tout à fait écho aux réflexions que je mène sur la liberté d'apprentissage.
    L'école et ses limites, l'école et sa standardisation des savoirs... Le documentaire expliquait très bien qu'un enfant est une machine à apprendre, pour peu qu'on ne le contraigne pas avec des cadres trop stricts qui annihilent toute créativité. Alors ça m'a fait beaucoup réfléchir...
    Depuis trois ans, mes cours ne me passionnent pas le moins du monde, alors que je m'intéresse à quantité de choses à côtés, et ça me pèse beaucoup. Heureusement, le monde est vaste et la connaissance de plus en plus à notre portée, alors je me console en amassant une quantité de savoirs et de réflexions qui me passionnent, toute seule, de mon côté.
    Ce commentaire est sans doute assez décousu ahah, mais c'est tout ce que m'a inspiré ton article :)

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    1. Oh oui m'intéressant au sujet, j'en ai effectivement entendu parler mais je ne l'ai jamais regardé.
      Mais en tout cas oui ce que tu dis là est bien ce à quoi je réfléchis et l'idée même de cet article...
      Comme toi je m'intéresse à énormément de choses depuis quelques mois parce que je ne suis pas "intellectuellement" épanouie avec mes études actuelles. Ce qui me gène, ce n'est pas tant de m'ouvrir à d'autres choses bien au contraire, mais c'est d'avoir parfois cette sensation que ça ne sert à rien parce que cet apprentissage n'est pas forcément valorisé quand ça n'entre pas dans le cadre d'un diplôme etc. Il y a quelques temps par exemple, j'ai écouté une superbe conférence sur l'éducation des filles pendant et après la Révolution et je me suis retrouvée à prendre des notes dessus. Et c'était une des premières fois que je faisais ça sans que ça ne me soit directement ou indirectement demandé, c'était par pur intérêt intellectuel. Je pense que l'école devrait davantage nous encourager à faire ça, à aller vers ce qui nous intéresse et à valoriser tout ce qui peut nous enrichir et pas seulement le programme, même si il y a surement des bases à ne pas négliger. Alors l'éducation alternative est peut-être une solution, à la maison, ou dans une école adoptant une autre pédagogie (Montessori par exemple reconnaît tout à fait l'importance de laisser à l'enfant la liberté d'apprendre à son rythme et de lui-même). Je te conseille de voir le film "Captain Fantastic" si ce n'est pas déjà fait, c'est justement un père qui décide d'élever ses enfants hors de la société. Ce n'est évidemment pas le cas de tous les parents qui offrent à leurs enfants une éducation à domicile ou dans une école différente, mais le film montre quand même le positif et le négatif de tout ça à travers "l'extrême".
      En tout cas merci pour ton commentaire et j'espère que tu sauras te concentrer justement sur ce qui t'intéresse vraiment et trouver une voie qui te passionne plus que tes cours depuis 3 ans :)
      des bisous

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    2. Je connais Captain Fantastic oui, regardé l'année dernière et beaucoup aimé ;)
      A propos de la conférence et de ta prise de notes je te comprends tout à fait, l'école n'encourage pas beaucoup la prise d'initiative personnelle et c'est vraiment dommage.
      C'est vrai que l'éducation alternative peut être une solution, encore faut-il en trouver une près de chez soi ou en avoir les moyens... je crois que cela est plutôt cher non ?

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    3. ça ne m'étonne pas si tu t'intéresse au sujet passionnant qu'est l'éducation ;)
      Oui exactement..
      Tu n'as pas tord, la question d'égalité des chances se posent encore pour ces écoles alternatives. Il me semble qu'il y a quelques écoles publiques labélisées Montessori mais sinon les trois quarts sont en effet privé, donc payantes et pas très accessible. Sur le plan géographique je ne sais pas trop non plus, mais j'ai l'impression qu'il y en a plus que ce qu'on croit (mais il y a sûrement une égalité ville / campagne)

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    4. L'idéal serait sûrement que le système scolaire établi par l'Education Nationale intègre quelques aspects de ces pédagogies...

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